11 août 2016

6 choses à faire à Åland

Halloj à tous !

La fin de l'été pointe déjà le bout de son nez en ces contrées où cette saison est aussi magique qu'elle est éphémère. Or, Åland semble être une destination estivale par excellence. Et, même si cela me donne envie de m'insurger contre cette injustice, qui enlève à l'archipel le droit d'être découvert au court des 3 autres saisons, non moins spectaculaires que celle-là, c'est un fait, il me semble bien difficile d'apprécier à sa juste valeur la vie insulaire quand la vie du centre de Mariehamn semble s'arrêter subitement, bien avant que les jours ne se fassent trop courts ou trop frais pour pouvoir continuer à en profiter ; mais, semble-t-il, selon le seul bon vouloir du calendrier des arrivages de vacanciers.

6 choses à faire à Åland - crédits : Nicolas Martinez

Il semble donc que je sois ici contraint de vous conseiller de venir découvrir Åland en été, de préférence en juillet, mois où "tout" se passe...
Venez plutôt en juillet l'an prochain donc, volontiers à bord d'un des ferries de Viking Line  ou Tallink Silja depuis Stockholm (que vous aurez pris grand soin de visiter avant de réaliser la traversée !!), Helsinki...  Une fois arrivés sur place, une mer de possibilités s'ouvre à vous, celles-ci au moins aussi nombreuses que le nombre d'îles et îlots que compte l'archipel (environ 10 000). En voici déjà 6, pour commencer :


1 - Le centre de Mariehamn

Mariehamn - crédits : Nicolas Martinez
Incontournable au sens propre du terme, puisque comme pour la très grande majorité des visiteurs de l'archipel, il y a des chances que ce soit votre point d'arrivée. Malgré une population dépassant à peine les 10 000 habitants, la ville possède un petit centre-ville qui vaut le coup d’œil, avec ses rues pavées, ses boutiques artisanales à l'anciennes. Payez-vous donc une glace auprès d'un des très nombreux vendeurs de glace et laissez-vous guider au hasard des ruelles, peu de chances que vous vous perdiez ! Vous ne manquerez pas de croiser quelques touristes finlandais prenant des selfies allongés dans l'herbe du parc municipal ou bien en train de converser dans leur langue incompréhensible, probablement pour exprimer leur mécontentement devant l'incapacité des Ålandais à communiquer dans la langue nationale...

2 - Le Pommern (Mariehamn)

Le pommern - crédits : Nicolas Martinez

Il fut un temps où Åland était réputé internationalement pour son incroyable flotte marchande, la plus grande au monde entièrement constituée de magnifiques voiliers, navigant aux quatre coins du globes. (Plus d'info pour les suédophones wikipedia.org/wiki/Ålands_sjöfartshistoria). Le Pommern, dernier quatre-mâts au monde datant de cette époque, est un témoignage de l'âge d'or de la ville-nouvelle qu'était alors Mariehamn. Il est possible de le visiter et est la propriété du Musée de l'Histoire Maritime de Åland, élu du reste meilleur musée de Finlande en 2016. Site du Musée de l'Histoire Maritime de Åland

3 - Le Rockoff festival (fin juillet à Mariehamn)

crédits : rockoff.nu
Ceux pour qui les textes du (localement) célèbre chanteur suédois Tomas Ledin, ou les rythmes aux influences grunge du groupe Takida, n'ont aucun secret, se réjouiront sans doute d'assister à ce festival de musique pop-rock accueillant essentiellement des artistes suédois. Fans ou non, ce festival accueillant des grands noms de la scène scandinave reste malgré tout une occasion spéciale de communion en petit comité, avec un peuple (suédois tout comme ålandais)  qui aime chanter par dessus tout. Il est tout de même considéré comme le point culminant, le bouquet final de la saison sur l'archipel et pour l'occasion, nombreux sont les continentaux (Comprendre les Finlandais et les Suédois) sur place.  Rockoff Site officiel

4 - Découvrir la campagne ålandaise - à vélo s'il vous plait !

Åland à vélo - crédits : Nicolas Martinez

Oui, parce que c'est bien joli tout ça, mais il est quand même grand temps de quitter un peu la ville et partir à la découverte de la nature, magnifique et foisonnante, de l'archipel. Et autant que vous le sachiez, ça devrait être l'objet principal de votre visite ! 
Avec leur couleur rouge caractéristique, les routes ålandaises serpentent de long en large le complexe formé par l'île principale  ("Fasta Åland"et les îles alentours reliées à celle-là par des ponts. Idéal pour les longues balades à vélo - l'essentiel se trouvant à moins de 30 km de Mariehamn, dans un paysage relativement plat. Croyez-en un cycliste ayant testé ces routes  longuement et quotidiennement (pas toujours par choix !). 
Au détour d'un chemin, vous tomberez peut-être sur une des jolies petites églises éparpillées sur tout l'archipel...

5 - Visite du château de Kastelholm (25 km au nord-est de Mariehamn)

Château de Kastelholm - crédits : Nicolas Martinez

Véritable coup de cœur de l'amateur d'histoire que je suis, les vestiges de ce château-fort bâti dès la fin du 14e siècle et au passé glorieux, puisqu'il a jadis formé le trait d'union entre la partie orientale (Finlande) et occidentale (Suède actuelle) du alors grand royaume de Suède,  forment une vision tout à fait épique dans un cadre inattendu, où la nature est fidèle à elle même : foisonnante et superbe. 
Je conseille vivement la visite des lieu, le prix d'entrée étant de plus des plus raisonnables (6 euros en plein tarif), ce qui ne gâche rien. Du reste, la vue depuis le sommet du fort est splendide.

6 - L'archipel !

L'archipel ålandais - crédits : Nicolas Martinez
Eh bien oui, parce qu'il est à présent temps de sortir un peu des sentiers battus de l'île principale et sauter d'une petite île à l'autre, à l'aide des petits ferries sillonnant l'archipel à intervalles régulières, en particulier depuis le terminal de Långnäs, à une demi-heure de bus de Mariehamn environ. Pour l'occasion, hors de question d'abandonner votre vélo, il sera parfait pour partir à la découverte de ces petites îles et leurs habitants, parmi lesquelles certaines n'abritent qu'une dizaine d'habitants tout au plus. Dorez vous la pilules sur l'une des centaines de petites plages que compte l'archipel ou bien rapportez par exemple, du bon pain noir typique  de Kökar, l'île la plus isolée de l'archipel...

Île de Kökar - crédits : Nicolas Martinez

Bon séjour, ou, comme on dit ici, trevlig vistelse

/Nicolas
1 août 2016

Åland, un archipel pas comme les autres

Hej à tous !

Cela fait à présent bien longtemps que ce blog a été mis en sommeil, en partie par manque de temps au cours de l'année passée, mais surtout en raison de circonstances qui se sont très peu prêtées à une telle activité. En effet, depuis mon retour (momentané) en France, tout l'intérêt de ce blog ; qui s'est pas mal cherché mais est avant tout le récit d'expériences et du vécu de ma vie d'expat', s'est trouvé perdu. 
En effet, des articles sur le 4e tome de Millenium, la célébration de la Midsommar en Suède ou bien encore la pêche à la truite sur les îles Lofoten, c'est bien plus pertinent quand ça fait appel à des expériences personnelles, et bien plus intéressant à écrire selon moi dans le feu de l'action...


Feu de l'action qui me permet donc aujourd'hui de refaire surface, car en effet, me voila de retour en Scandinavie, en plein archipel d'Åland ([O:land], avec un O long) le temps d'un été laborieux (au sens premier et non-péjoratif du terme !)... 

Ryssö & Ryssöns ö, archipel d'Åland
crédits Nicolas Martinez 2016
Enfin, Scandinavie, entendons nous bien ; comme je vous le disais dans mon article La Scandinavie et le Nord (12/11/2013), la Scandinavie est définie comme étant la zone géographique englobant la Suède, la Norvège et le Danemark exclusivement. Or, Åland est, pour des raisons historiques  assez complexes (guerre de Crimée, j'en passe et des meilleures), un archipel-état autonome rattaché à la Finlande, qui est un pays nordique mais pas scandinave. 
Finströms kyrka - Eglise de Finström
crédits Nicolas Martinez 2016
Idem pour Åland, partie intégrante de la Finlande, me direz-vous ? Ah si c'était si simple ! Car voyez-vous, l'histoire est capricieuse et les frontières, pas toujours bien nettes. Et Åland, située stratégiquement entre la Suède et la Finlande, en est un parfait exemple : rattachée à la Finlande depuis le jour où celle-ci a été annexée à la Suède par la Russie, il y a pourtant une chose que ses habitants n'ont jamais cessé de faire  depuis: parler suédois ! Et ça, c'est tout sauf un détail. En effet, 1809, l'année de la conquête par l'empire russe de ce qui était jusqu'alors l'Österland (les terres de l'est), la partie orientale du royaume de Suède, marque la naissance du duché russe de Finlande qui va très rapidement gagner en autonomie jusqu'à son soulèvement et son indépendance en 1917. C'est paradoxalement cet événement qui va permettre la naissance d'un sentiment national, jusqu'alors très faible, en Finlande (On peut faire un parallèle avec la conquête de la Norvège par la Suède en 1814 - déguisée en union -, qui marque la naissance d'un sentiment national très fort et qui a perduré jusqu'à nos jours). Avec au programme, remise au goût du jour de la langue et la culture finnoise, secondaires depuis des siècles... Sauf que vous l'aurez compris, ça ne s'est pas vraiment passé comme ça à Åland, qui a conservé son héritage culturel suédois et est donc aujourd'hui, du haut de ses 29 000 habitants répartis sur une soixantaine des milliers d'îles que comptent l'archipel, en marge du reste de la Finlande (5,4 millions d'habitants), dont bien peu maîtrisent de toute façon la langue, totalement différente du suédois ainsi que... du reste des langues indo-européennes à vrai dire.

Comme vous pouvez donc vous en douter, Åland et ses charmants résidents parmi lesquels très peu sont capables de prononcer correctement le nom du président de la Finlande, Sauli Niinistö, mais sont en revanche bien fiers de pouvoir agiter le drapeau "national" ålandais, sont tout sauf banals, c´est pourquoi je compte bien leur rendre justice et vous parler dans plusieurs articles à venir de cet état dans l'état qu´est Åland, le dernier archipel peuplé d'irréductibles Ålandais qui résistent encore et toujours à l'envahisseur Finnois.

Drapeau ålandais flottant fièrement
crédits Nicolas Martinez 2016

Hej då!


PS. Pour les suédophones, voici un peu d'informations sur le contexte politico-historique dans lequel s'est trouvé/se trouve Åland. (Je vais me charger bien modestement de faire ressortir ces nombreux faits en français, les sources étant bien rares dans la langue de Molière.)



4 décembre 2015

Des icebergs à Paris

Hallo, 

Je ne vous ai pas habitué à tant d'activité depuis bien longtemps déjà, mais il semblerait que le temps soit venu pour une reprise d'activité ? A suivre, je n'en sais pas plus que vous pour l'instant !
Des icebergs à Paris (03/12/2015 crédits : Nicolas Martinez)
Ça s'est passé hier, sur la place du très fameux Panthéon, un des monuments les plus prestigieux de la très tranquille Rive Gauche de Paris, jusqu'à il y a peu, mon lieu de résidence qui s'est révélé provisoire, puisque j'ai à présent migré à l'extrême nord de la ville intra-muros (Rive Droite). 


Bien sûr l'oeuvre, consistant de 12 blocs de glace placés en cercle, issus d'un iceberg détaché au large de la ville de Nuuk, capitale du Groenland, et rapportés par l'artiste Dano-islandais Olafur Eliasson, s'inscrit dans le contexte actuel, à savoir la Conférence de Paris de 2015 sur le changement climatique (#COP21), un des sommets mondiaux majeurs de ces dernières années. Et ce, dans le but de sensibiliser le monde sur le danger que représente la fonte des glaces polaires.

12 morceaux d'un iceberg groenlandais à Paris
(crédits : Nicolas Martinez)



En effet, elle se fixe comme objectif d'arriver à des accords entre les 198 états membres des nations unies pour la première fois, dans le but de limiter le réchauffement climatique, dont la responsabilité humaine n'est plus à prouver. Et ce, après 20 autres sommets climatiques, dont le climat souvent houleux semblait sans cesse empêcher tout accord. La première conférence, organisée à Stockholm (en Suède, pour les gens arrivés sur ce site par hasard) en 1972, d'une importance comparable, avait vu un essor des politiques environnementales, jusqu'alors anecdotiques dans une grande partie du monde. Gageons que les accords signés à l'issue de la Conférence de Paris auront une importance immense sur l'avenir de l'humanité toute entière. Alors, don't mess this up, Obama & co., comme on dit dans la langue de Shakespeare, car souvenez vous que \vec{\mathrm{F}}_{\mathrm{A/B}} = -\vec{\mathrm{F}}_{\mathrm{B/A}}, comme on dit dans la langue de Newton. Autrement dit, qui récolte le vent, sème la tempête... 

/Nicolas
3 décembre 2015

Paris : La vie morose

Place de l'Etoile - Paris au ralenti au matin du 14 novembre (crédit : Nicolas Martinez)


Ah qu'il est bon ce moment de l'année, où les journées se réduisent à leur plus simple expression, où tout semble être fait pour nous rappeler que c'est bientôt Noël, la période des fêtes. 
Même ici, dans Paris, faisant figure de Scandinavie australe, les nuits se rallongent, sans jamais s'approcher réellement de l'extrême obscurité de l'hiver du Nord. Les gens s'attardent beaucoup moins dans les rues, emplies d'un froid tout relatif. Cependant la comparaison si elle est même possible, s'arrête là. Car les cafés, les musées et les restaurants, eux par contre, ne désemplissent jamais. 

Hors de question dans la capitale proclamée de la culture, d'arrêter ne serait-ce que le temps de quelques semaines, le rythme effréné de la vie qui l’agite, au rythme des pulsations de ses entrailles, ses boulevards et ses métros en guise d'artères, qui conduisent ses habitants, souvent hagards, parfois maussades (rustres), jamais souriants, du boulot au dodo, avec un passage quasi-obligé en terrasse, au bistro, dès que l'occasion s'y prête.

Seulement, si rien ne semble apparemment avoir changé sur les visages fermés des Parisiens dans l'métro, il est évident qu'il s'agit là de leur talent incroyable pour masquer toute trace d'émotion. Le 13 novembre est passé par là, c'est indéniable. 
#WeAreNotAfraid, #ToujoursDebout... Les hashtags se sont multipliés sur les réseaux sociaux, dès les premiers instants qui ont suivi les attentats perpétrés en plein centre de la ville, souvent pour dire la même chose : "Même pas peur" ; et pourtant, les gens ont eu, et ont encore aujourd'hui, peur, le nier serait absurde, ce qui est humain. Ou plutôt non, c'est un instinct tout ce qu'il y a d'animal, notre particularité étant la rationalisation de ses peur. Avoir peur, c'est normal, "solutionner" la chose en portant son vote sur un choix... extrême, c'est inconscient. Le temps nous dira si cette rationalisation aura eu lieu, évitant ainsi que l'histoire ne se répète...
En attendant, The Show Must Go On, comme Freddy disait ! 

Ce sera tout, à très vite pour du contenu plus gai !

/Nicolas depuis Paris
1 septembre 2015

Retour à la vie "normale"

Ísafjörður, l'île déserte dans l'île déserte - crédits : Nicolas Martinez
Un long silence. On croirait presque que voilà un autre de mes fameux silences radio, un silence de ceux dont je semble avoir le secret. Si c'est ce que l'on se dit, on n'a, il faut bien le dire, qu'à moitié tort. 

Si mes silences généralisés sont plus ou moins une des (seules) constantes de ce blog, et, même si il y a fort à parier que ce n'est là qu'un parmi de possibles autres à venir, vous auriez mieux fait d'écouter celui-ci avec un plus d'attention. 
Après quelques courts instants, vous auriez alors eu le sentiment que l'on a habituellement en un chaud jour de Juillet, quand on se demande pourquoi son appartement baigne dans une terrible odeur de mort et que l'on réalise soudain qu'on a tout simplement oublié de sortir la poubelle contenant le kilo de carcasse de crevette de la veille. Oui carrément. Vous auriez eu ce qu'on appelle dans le jargon une épiphanie. -Après tout c'était peut-être pour des crêpes à la sauce aux champignons, les crevettes.


Enfin revenons à nos moutons. 
 
Moutons Ísafjörðais - crédits : Nicolas Martinez

Tout comme l'odeur des crevettes épiphaniques, ce silence aurait dû vous rappeler le silence de quelqu'un pour qui le temps a pris une réalité sensiblement différente de celle de la Terre. 
Vous auriez alors pu envisager le fait que j'étais en orbite autour d'un trou noir, en train de profiter des joies de la vie à proximité d'une singularité gravitationnelle relativiste. Et vous auriez eu presque raison, si ce n'est que la singularité en question n'est pas un trou noir, ou au plus un trou, paumé. Et magnifique. Je vous le donne en mille : la terra Islandica en personne !

Le fjord d'Ísafjörður en panoramique - crédits : Nicolas Martinez

Difficile en effet pour le néophyte Scandinophile de se représenter a quoi peut bien ressembler la vie en Islande.

Car il faut bien le dire, le fait de se couper le bras gauche avec un couteau suisse à la lame rouillée et celui de vivre sur une île désertique peuplée par des insulaire fort peu... continentaux, et isolée du continent par plus d'un millier de kilomètre d'eau glaciale ont au moins une chose en commun : la seule manière de vraiment savoir ce que ça fait, c'est d'essayer par soi-même. Enfin, vous pouvez aussi recueillir le témoignages des pauvres fous qui ont tenté l'expérience, afin de vous donner une idée, puis décider de sauter le pas. Ou pas. Enfin, dans tous les cas, en particulier le deuz' je vous conseille d'être a jour niveau vaccin antitétanique... 

Pour les débutants donc, voici :
Le processus d'expatriation en Islande simplifiées en 4 étapes sommaires :

1 - L'arrivée (10 premiers jours) : L'individu nouvellement arrivé en Islande (re-)trouve avec exaltation les décors magnifiques de l'Islande. Son lien théorique avec le reste du monde reste fort, son lien pratique dépend beaucoup de la qualité de la WIFI à laquelle il a accès (... !) Enfin, il lit/regarde encore les nouvelles internationales quotidiennement et s'y intéresse personnellement.

2 - L'acclimatation (40+ jours) : Même si on ne s'y fait jamais vraiment, il vient un moment ou une certaine routine s'installe, c'est mécanique. On prend le pli et le dessus des paupières aussi : c'est que les 35 heures, on en est bien loin ici-haut ; une semaine de travail islandaise normale représentant au bas mot 48 heures + heures sup' sur 6 jours par semaine. (Pour info, les 40 heures hebdomadaires furent votées en France en 1936 par le Front Populaire). La fatigue, le manque d'intérêt national pour ce qui se passe par dela les mers commence et le rythme de vie étrange de l'île commencent à déteindre sur moi.... Enfin, je veux dire sur l'individu, que l'on appelera Günter145fed5t pour éviter toute ambiguité. 
S'intéresse aux nouvelles internationales environ une fois par quinzaine.


3 - L'insularisation (6+ mois) : Ayé, on est devenu un gros con... sommateur d'Egils Appelsín (Orangina à l'Islandaise). Ce qu'on fait en Islande, on sait plus trop, mais on suppose que c'est à cause des paysages fabuleux et tout ca... En tout cas, c'est pas à cause de la bouffe, du climat ou de la langue alambiquée, ca non...
Après bon, on est encore conscient qu'il y a un monde, loin vers le large, d'ailleurs on se souvient vaguement qu'on vient de là-bas, vue qu'apparemment, notre famille y est toujours.  
Lit les nouvelles par petit accoups, 2-3 fois par mois, 

4 - Le choix (12+ mois) : Voilà le moment fatidique tant redouté, suite logique du processus d'expatriation dans tout pays. Sauf que bon, le choix de rester en Islande avec pour seuls éléments les 12 premiers mois qu'on y a passé est tout sauf aisé, et tous ceux qui sont passés par là seront d'accord là-dessus. En effet, comment peut-on se baser sur une expérience Islandaise qui selon toute probabilité a été extrêmement mouvementée et inconstante, vascillant sans cesse de haut en bas ?
Me voilà donc arrivée à cette étape, bien que mon séjour ait été interrompu par une aventure fort malheureuse au pays de la smörgåstårta et du surströmming. Rester ou partir, une fois le cycle d'une année étant passé...

Sur les hauteurs du Suðurlandi - crédits : Nicolas Martinez
Me concernant, partir est une certitude, cette question ne se pose pas pas vraiment, étant donné qu'une autre, qui a pris les proportions titanesques d'un choix en quittes ou quintuple, a déjà pris le dessus, mais elle est la même, bien que sous une forme plus générale : Rester ou quitter... le Nord.
Question fort difficile à prendre pour des raisons psychologiques évidentes, après presque 5 années passées en terres Nordiques. Et, si c'était bien loin d'être la premiere prise de conscience de ce style, celle-ci aura en tout cas été la premiere à être traîtée d'un point de vue pragmatique plutôt que sentimental/utopiste. Et donc, je vous le donne en mille, Paris, me voilà, d'ici un peu moins d'un mois probablement, pour de nouvelles aventures. Est-ce que mon retour en France pourrait sonner le glas de ce blog ? Je ne saurais le dire, mais pour le moment, faisons comme si de rien ! :)

 
Vue aérienne des fjords du Nords-ouest de l'Islande - crédits : Nicolas Martinez


Portez-vous bien ! 


Bless bless,

Nicolas

15 juin 2015

L'Islande, Creuse de l'Atlantique

Goðan daginn à toutes et tous !  
- y compris à vous, mes chers amis Creusois, sans rancune !
Île de Viðey, baie de Reykjavík (13 juin 2015) - crédit : Nicolas Martinez

Hé oui, voilà qu'après plusieurs longs mois d'absence, Môssieur consent enfin à refaire surface. Oui seulement voilà, il s'avère en fait que ce qui pour vous représente peut être une longue période est passée en un éclair du point de vue de vôtre serviteur (ça, c'est moi). 

Le temps, est une notion relative, comme tant d'autres choses (-"Tout", me souffle un certain Albert), et il a pour particularité de filer plus vite que la lumière (-"Nein, nein, nein !") à partir du moment o
ù le produit des densités d'évènements et d'activité dépasse... l'entendement. Et je peux vous garantir qu'à ce niveau, je n'ai vraiment pas eu le temps de m'ennuyer. Ni de souffler à vrai dire.

A plus, Göteborg ! - crédit Nicolas Martinez, qui d'autre ?

Enfin, voyez plutôt : alors que je vous quittais à la mi-février sur la petite visite insouciante d'un monument au rôle majeur dans l'histoire scandinave, au cœur du Bohuslän, la région de Göteborg en Suède, voilà que vous me retrouvez (Facon de parler, je suis présentement sur Reykjavík) à prėsent au sein d'un ranch isolé, en retrait de la petite bourgade de Hveragerði, dans la partie sud de l'Islande (Suðurlandi), à près de 2000 kilomètres de là à vol d'oiseau . Remarquez, à nage de poisson ou de sous-marin nucléaire russe, ça marche aussi, dans le cas présent... Le fait est que j'ai, une fois n'est pas coûtume, à nouveau pris un nouveau départ, cette fois, en partie par nécessité aux vues des évènements fâcheux qui on marqué mon existence ces derniers mois, depuis le jour même de mon retour sur le "continent scandinave", journée de grande infortune qui avait pourtant causé/permis mon passage dans 4 pays nordiques en moins de 24 heures pour la première (et derniere) fois de ma vie.

L'Islande, qui porte si bien son nom (mai 2015) - crédit : Nicolas Martinez
Retour en Islande, donc, qui devient, comme la fois d'avant, mon refuge, mon lieu d'exil. Bon, à choisir, ca vaut toujours mieux que Saint Hélène. Pour ce qui est du climat, je suppose que même si l'hiver est parfois aussi déprimant qu'une défaite à Waterloo par jour, voilà qu'il a à présent laissé place au fameux été islandais, nous laissant ainsi environ 2 mois de répis, et, avec un peu de chance, une température dépassant allègrement parfois les 10 degrés (celsius)... 
"... [E]t encore, ils auraient pû choisir l'Islande !" - Napoléon B., 1822
Enfin, 10 degrés ou pas, c'est un fait, le pays reste hautement photogénique, magnifique en toute saison et tiens, je réalise que le temps de mon hibernation après cet hiver que l'on aurait cru sans fin. Alors, hop, un coup de dégivrage du blog et c'est reparti !

À bientôt pour des articles toujours plus frais, malgré le redoux !

/Nicolas

17 février 2015

Bohus Fästning : La Porte aux trois Royaumes


Halloj à vous, marrauds très chers lecteurs,




Avant-hier, dimanche 17 février 2015, aura été un grand jour ! Oui car c'était le jour de ma toute première... introduction illégale à l'intérieur d'un bâtiment historique suédois classé... Champagne !
Bohus fästning, une forteresse imprenable aux coeur de la Scandinavie
crédits : slottsguiden.info
Et puis tant qu'à faire ce genre d' "incivilité" (Aucune loi ne prévoit de punition pour ce genre d'acte, ni en Suède, ni en France, pour info...), autant choisir un lieu au patrimoine historique incroyable. Et quoi de plus incroyable pour mon premier acte de "délinquance culturelle" qu'une forteresse imprenable vieille de plus 6 siècles, qui a appartenue tour à tour à la Norvège, au Danemark et à la Suède ?
C'est donc à bord du "Gröna expressen", une sorte de bus-RER, que je me suis embarqué pour un trajet en direction de la paisible ville de Kungälv, 25 mille habitants, à 25 km au nord de Göteborg.
Ligne de bus que je connais bien, pour l'avoir empruntée de nombreuses fois pour aller travailler dans la région, sans jamais m'arrêter toutefois à sa forteresse en ruine et son centre historique, à côté duquel il est facile de passer. Mais on ne me la fait pas à moi !
À force, je connais bien la manière humble, parfois (souvent ?) méconnaissante des faits, qui pousse les suédois à faire bien peu la publicité de lieux historiques ne manquant pas de singularité. Et une chose est sure, ce lieu, n'en manque pas !


Après environ une demi-heure de route, le bus se rapproche de la rive-sud du Nordre älv, un bras du Göta älv, le fleuve sur le bord duquel a été bâtie la ville de Göteborg. C'est à ce moment là, au sommet d'une butte, sur un îlot au milieu du fleuve, autrefois lieu hautement stratégique, que se dressent les ruines de la forteresse de Bohus, tranchant de manière insolite avec le paysage vallonné et boisé qui caractérise cette région de la Suède. C'est par cette même île, reliée de part et d'autre par des ponts, que passe mon gröna express (Express vert), contradictoirement entièrement bleu comme tous les bus de Göteborg.
Se rendre à Kungälv à bord du "gröna expressen", l'express vert tout bleu
Crédit : Jonathan Rydberg
Une fois descendu à l'arrêt "Fars Hatt" (Le chapeau du père), du nom de la seule tour encore debout, je me mets ainsi en route pour la forteresse. Le temps est maussade, et le promeneur rare et bien assez vite, rentré chez lui. Tout autour du fort cependant, la nature est foisonnante et invite à la promenade. Le sol alentour est jonché de débris de roche, plus ou moins gros, mais restes évident du passé de refuge de centaines d'habitants, vivants sous la protection du fort. Des panneaux d'information disposés ca et là, indiquent (En suédois seulement, sorry guys) que les débris de roche faisant face à l'entrée principale des ruines sont les restes de l'ancienne église de la bâtisse, ainsi que du vieux cimetière. En faisant le tour des remparts, je constate en effet que quelques bris d'os  sont visibles à même le sol.
Le parc verdoyant du fort
Et des ruines et surtout, des squelettes, il est tout à fait raisonnable de penser que le sol de l'île en est jonché, tant le passé de la forteresse est tumultueux !

Aggrandi et amélioré au cours du temps, le fort de Bohus est tout d'abord entré en fonction en 1308. Sa construction avait été ordonnée par le roi Håkon Hålägg ("Longue jambe") de Norvège, pour protéger l'extrême sud de  la province de Bohuslän, à laquelle il a donné son nom ! À l'époque, les frontières des jeunes royaumes de Suède, de Norvège et de Danemark sont bien différentes des frontières actuelles : La Suède finissait alors bien plus à l'est du "Götaland", concentrée sur la Baltique (La Finlande en étant la partie intégrante jusqu'en 1809), tandis que les régions sud et sud ouest de la Suède actuelle, et correspondant au Bohuslän, au Värmland et au Skåne, faisaient partie des royaumes de Norvège et de Danemark (En plus de la province du Jämtland, plus au nord).

Ce qui faisait alors de Bohus fästning, l'ultime frontière entre la Suède d'un côté, l'extrême sud de la Norvège, non loin de l'extrême nord du Danemark, de l'autre : 
Le Nord au 14e siècle
Wikipedia
La région était alors au centre de tous les nombreux conflits entre les 3 royaumes. D'abord entre le Danemark et la Norvège ou la Suède, puis entre le Danemark et la Norvège, soumise à celui-ci, contre la Suède. Et le Bohus fästning en particulier, formant un véritable verrou du fleuve Göta, alors très important pour le commerce. Entre le 14e et le 17e siècle, le fort fera des envieux, et subira ainsi de très nombreux sièges de la part des Suédois, des Danois, puis, une fois la région du Bohuslän obtenue par la Suède suite au traité de paix entre la Suède et le Danemark-Norvège, des Norvégiens, qui voulaient, et on les comprend, récupérer ce qui avait alors déjà bien mérité son statut de "château le plus fort de Scandinavie", même s'il n'a que rarement permis la protection de la ville de Kungälv elle-même, détruite très régulièrement par les troupes de siège.

Le procédé de leur siège de 1678, au cours de la guerre de Scanie (Skånska kriget), qui restera le dernier subit par le fort, et probablement le plus osé d'entre eux, est décrit comme sans pitié : Le 6 juin, après avoir ravagé une bonne partie de Kungälv, une troupe forte de 10 000 soldats norvégiens, appuyés par une forte artillerie, ont commencé à pillonner le fort, défendu par 384 soldats seulement, qui ont bien entendu répliqué à l'attaque. Voyant que les occupants de la forteresse ne cèderaient pas facilement, les Norvégiens, appuyés par des troupes Danoises décident alors d'utiler leur "arme ultime", des "leede, förgiftede stinkpotter" en Danois dans le texte. Comprenez des sacs contenant le contenu de latrines, un concentré de germes, dont le but était d'affaiblir les défenseurs en les rendant malades. Mais même cette tactique ne fut pas suffisant, alors les Norvégiens se mirent après quelques jours à lancer un tas de bombes, des centaines, contre le fort, et finirent par créer une brêche dans les remparts. Mais les Suédois étaient particulièrement aware ("medvetna") ce jour-là, et repoussèrent l'envahisseur en causant moultes pertes... Finalement, le fort tint miraculeusement jusqu'à l'arrivée de renforts, et les Norvégiens se retirèrent. Peu après, la guerre de Scanie se conclut en un match nul, où la Suède conserva la Skåne, le Bohuslän et toutes ses autres conquêtes précédentes, qu'elle avait patiemment grignotté au Danemark et à la Norvège. 
La Suède en 1679... "Beaches" ! 8-)
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Les nouvelles frontières se trouvant alors "définitivement" fixées, le fort de Bohuslän, qui avait au cours de son histoire abrité des rois, accueillis la signatures de traités majeurs entre les 3 royaumes scandinaves, perd son rôle stratégique de garde-frontière et tombe rapidement en désuétude, devient tour à tour résidence du gouverneur de la région, prison, puis, ruine et matériau privilégié pour la construction de Ny-Kungälv, qui est déplacé un peu plus au nord, et dont le centre historique ne manque pas de charme !

Une forteresse vraiment imprenable donc... Certes, jusqu'à ce fameux Dimanche 17 février de l'an de grâce 2015 donc, date à laquelle un jeune fransos, qui n'en rajoute pas des tonnes, a réussi, à la tombé de la nuit, et armé de ses maigres talents en escalade seulement,, à se rendre seul maître du fort, fermé à la visite jusqu'à mai prochain, et, qu'il a pu visiter librement et surtout, apprécier la vue incroyable qu'il offre. Et pour une raison qui lui échappe, il était totalement dépourvu de garnison (Concierge ?). La Suède, c'est plus ce que c'était...


/Nicolas


Bohus fästning et Kungälv de nos jours
slottsguiden.info

-Site officiel du Bohus fästningwww.bohusfastning.com

-Pour les suédophones qui veulent en savoir plus sur l'histoire du fort: www.slottsguiden.infowadbring.com/historia